Angelo BULGHERONI, victime civile bombardement de Rennes

Angelo Bulgheroni (ou Ange Séraphin à l’Etat-Civil) est né rue Hermant à Calais (Pas-de-Calais), le 18 octobre 1895. Il est le dernier d’une fratrie de trois enfants (Joseph, Maria et lui) d’immigrés italiens originaires de Binago (Lombardie) : Angelo Bulgheroni, cimentier et Elisa Maria Girola. Il part au front un mois après son frère ainé, en décembre 1914. Il combat jusqu’à être blessé à l’oeil droit par un cheval en avril 1917, puis être fait prisonnier en septembre de la même année, au Bois des Caurières. A la fin de la guerre, après l’Armistice, Angelo sera libéré et, il pourra rejoindre, tout comme son frère, sa famille à Calais en 1919. On le retrouve d’ailleurs, en tant que cimentier chez ses parents au 86 rue Hermant, à Calais avec Joseph (1892-1972), son frère lors du recensement de 1921. Ensuite, Angelo assistera au mariage de son frère, cimentier lui aussi, à la mairie de Calais en novembre 1923. Ensuite, il épouse une jeune bretonne, Adrienne Berthelot (1899-1972) originaire de Melesse (Ille-et-Vilaine), le 12 juillet 1930 à la mairie de Rennes, avec qui il s’installe d’abord à Calais, où nait leur fille, Lucienne (1931-2013), avant de revenir à Rennes. Sa fille remportera d’ailleurs en 1934 le troisième prix du concours de bébés de la foire d’exposition de Rennes, pour sa catégorie. A cette époque, la famille vivait au 38 rue Saint-Jacques, et c’est à cette même adresse qu’on la retrouve lors du recensement rennais de 1936. On apprend d’ailleurs qu’Angelo est cimentier pour l’entreprise Fouquet. C’est d’ailleurs, lors d’un chantier pour cette entreprise, en 1939, rue de Trente, qu’Angelo se fera dérober du matériel. A cette époque, en janvier 1939, il vivait au numéro sept de la rue Michelet. Mais malheureusement, ce contremaître pour l’entreprise Fouquet, ancien prisonnier de la guerre 14-18 va voir arriver une seconde guerre mondiale en 1939. Et cette guerre lui sera fatale, car il fait partie des nombreuses victimes civiles du bombardement de Rennes, du 29 mai 1943, et meurt à l’âge de 47 ans.

Sources :

  • EC de Calais – Naissances – 1892-1895 – AD62
  • EC de Calais – Mariages – 1932 – AD62
  • Fiche matricule BULGHERONI – classe 1915 et 1917 – GrandMémorial – AD62
  • Recensements de la population de Calais – 1901-1926 – AD62
  • Recensement de la population de Rennes – 1936 – AM de Rennes
  • EC de Mordelles – Naissances – 1899 – AD35
  • Ouest-Eclair (Rennes) – 1934-1943 – Gallica – BnF
  • Relevés INSEE des personnes décédées depuis 1970 – Insee
  • Répertoire des victimes des bombardements de Rennes inhumées – 19W15 – AM de Rennes
  • CICR 14-18 – Prisonniers de la Première Guerre Mondiale – BULGHERONI

Jules, le petit parisien, la suite : de grandes découvertes ! – #généalogie

Il y a quelques temps, j’ai eu un présentiment qui s’est avéré vrai : mon AAGP, Jules VASSAL a été abandonné par sa mère à 7 mois et remis à l’Assistance Publique de la Seine en 1882. Mais tout ça, je vous le conte déjà ici, où je retrace sa vie.

I. Petit récapitulatif

Jules Armand Vassal est mon AAGP, il est né à Paris (12e), le 2 octobre 1881, de père inconnu et d’Antoinette Mélanie Vassal, domestique de 25 ans, séparée de Pierre-Jean Nicolas, son mari. La mère de Jules, Antoinette a malgré ses 25 ans déjà eu une vie assez compliquée. En effet, elle est orpheline de mère depuis ses 4 mois et est devenue totalement orpheline à 14 ans. Elle se marie à 17 ans, avec M. Nicolas. Elle devient alors charbonnière et a une fille, Pauline en 1874. Puis, ensuite, elle fait une demande de séparations de corps et de biens en mars 1879, quinze jours avant la naissance de son fils, Pierre. Ainsi, à la naissance de Jules, elle est domestique et séparé de son époux, sans famille.

II. Les grandes découvertes

Avant tout, je voulais remercier Sophie Pugin, qui a gentiment été consulté le dossier d’abandon de mon ancêtre, Jules VASSAL aux Archives de Paris. Ainsi, je découvre le contexte de l’abandon de mon AAGP, qui a eu lieu 16 mai 1882

Alors ce dossier m’apporte déjà des informations sur le placement de Jules :

  • en mai 1882, il est placé en nourrice dans la Sarthe, chez Mme Moulinneuf à Marolles-les-Braults
  • ensuite, il est placé à Saint-Gondran, en Ille-et-Vilaine, chez M. Philouze jusqu’à ses 12 ans

Mais il me donne aussi, du contexte à l’abandon :

  • Antoinette est domestique, chez M. Pelletier, restaurateur, boulevard Beaumarchais et gagne 60 francs par mois
  • Son mari, Pierre-Jean Nicolas l’aurait abandonnée 4 ans plus tôt, et elle ne sait maintenant pas où il se trouve
  • Elle vit 32 rue Libert chez la veuve Prunier, qui héberge aussi sa fille, Pauline, 7 ans et demi
  • Elle paye 25 francs par mois pour le soin de son enfant légitime
  • Son fils, Pierre (le demi-frère de Jules) âgé de 3 ans, vit quant à lui avec ses grands-parents dans le Cantal
  • Elle est indigente et ne peut prendre en charge le petit Jules, âgé de 7 mois

Mais, la plus grande surprise et découverte reste pour moi, une autre partie de la déclaration d’Antoinette, en effet, elle indique qu’elle a été abandonné trois mois plus tôt par son amant, le père de Jules qu’elle avait rencontré en 1880.

Archives de Paris – Dossier de l’Assistance publique des enfants assistés de la Seine de Jules VASSAL – 16/05/1882 –

Mais comme vous pouvez le voir ci-dessus, en plus de déclarer comment sa situation est compliqué et pourquoi elle est contrainte d’abandonner le petit Jules, Antoinette donne le nom du père de son enfants. Je sais donc maintenant, que mon AAAGP se nommait Jules QUINTIN (ca 1848-?) et qu’il fut mécanicien au 234 rue de Charenton, à Paris 12e.

Situation lors de l’abandon de Jules – Canva

Je trouve déjà la situation de mon ancêtre, Antoinette très émouvante, car elle a malheureusement été abandonnée deux fois, et dû faire un choix parmi ses enfants… Mais, malgré tout ça, je la remercie aujourd’hui, car grâce à elle, je connais l’identité du père de Jules. Je pense qu’à l’époque de la naissance de Jules, les deux amants devaient tout de même être en très bon terme, car Antoinette a quand même choisi de donner à son fils, le prénom de son père, qui même s’il ne l’a pas reconnu, l’a sans doute aimé, jusqu’à ce qu’il décide d’abandonner Antoinette et le petit Jules, avec, ne l’oublions pas, la petite Pauline issu du premier mariage d’Antoinette.

Je finirai par vous partager la signature d’Antoinette, présente à la fin du dossier, qui, donc, malgré l’amour qu’elle devait avoir pour son nourrisson, a été contrainte de le laisser à l’Assistance publique et de l’abandonner sans jamais avoir de contact.

16/05/1882 – Signature d’Antoinette VASSAL – Archives de Paris

Maintenant, grâce à Antoinette, je peux espérer continuer mes recherches et découvrir ma branche paternelle en retraçant la vie de ce fameux Jules Quintin.

III. Qui est ce père ?

Alors, je peux remercier Antoinette qui me donne pour le père de son fils :

  • une identité : Jules QUINTIN
  • une profession : mécanicien
  • un âge : 34 ans (donc né entre mai 1847 et mai 1848)
  • une adresse : 234 rue de Charenton – Paris 12e en 1882

Alors, avec ces informations, je me lance à la quête de ce nouvel ancêtre, Jules QUINTIN. Par chance, je découvre qu’un certain Jules Antoine Joseph QUINTIN se marie en 1895 au douzième arrondissement de Paris.

Je me lance dans la lecture de cet acte de mariage et je découvre donc, que le marié est né le 16 juin 1847 à Pontaumur (Puy-de-Dôme), qu’il est mécanicien et de surcroit, qu’il est domicilié rue de Charenton ! Il y a peu de doute, il s’agit bien du père de Jules VASSAL ! Alors, je me lance dans des recherches pour retrouver plus d’informations sur Jules Antoine Joseph QUINTIN et sa famille et j’établis les infos ci-dessous :

Alors, Jules Quintin naît à Pontaumur (63), au domicile de ses parents, Simon Quintin et Françoise Gilbert, le 16 juin 1847 tout comme son frère jumeau, Antoine Henri Quintin.

Les deux frères sont les derniers d’une grande fratrie. On les retrouve ensemble avec leurs parents en 1851, 1856 et 1861. Ensuite, les deux fiches matricules des jumeaux de la classe 1867 et je découvre que mon ancêtre, Jules était serrurier lors de ses 20 ans alors que son jumeau, Antoine Henri lui fut employé de commerce. Malheureusement, Antoine est tué en septembre 1870 dans les Ardennes à l’âge de 23 ans, ce qui permettra à son frère d’être exempté. La fiche matricule de mon ancêtre me donne aussi une autre information : il a vécu à Montargis, dans le Loiret.

Ensuite, je ne sais pas ce qu’il a pu faire jusqu’en 1880. En effet, grâce au dossier, j’ai appris qu’il a fréquenté Antoinette Vassal, à Paris à partir de 1880 et qu’il vit rue de Charenton, où il est mécanicien dans le douzième arrondissement de Paris en 1882, lorsque Antoinette est contrainte d’abandonner leur fils. Jules Quintin vit toujours rue de Charenton lors de son mariage à l’âge de 48 ans, au 12e arrondissement de Paris avec Marie Roche, une autre pontaumuroise de 46 ans, il signe par ailleurs l’acte de mariage.

Signature de Jules QUINTIN – 1895 – Archives de Paris

Je n’ai trouvé aucune trace d’enfants, et à vrai dire, je ne sais pas vraiment où le couple a vécu entre 1895 et 1921. La dernière trace que je trouve de Jules, se situe dans son village natal, Pontaumur après la Première Guerre Mondiale, en effet, il y vit avec son épouse et est mécanicien à la retraite. Il meurt dans sa commune natale du Puy-de-Dôme, le 19 janvier 1922 à l’âge de 74 ans.

Maintenant, je me demande si Jules a voulu reconnaître son fils, et surtout, j’aimerai connaître ses déplacements et domiciles successifs. J’ai vu que le Cercle Généalogique des Cheminots avait un dossier le concernant, peut-être que j’y trouverai des réponses.

#Généathème de mai – les remariages de Pierre HURAULT

Geneatech propose, en ce moi de mai un nouveau généathème intéressant : les remariages. Alors, beaucoup de mes ancêtres ont connu le veuvage puis le remariage, et parfois même plusieurs fois. J’ai choisi pour ce thème d’aborder l’histoire d’un de mes ancêtres bouéxiérais ayant vécu entre 1762 et 1833 : Pierre HURAULT, sosa 122 de mon arbre : il est donc l’AGP d’une de mes AGM.

I. Les premières années de vie

Pierre Hurault est né au village de la Cueillerais, à La Bouëxière (35) le 27 août 1762, il sera d’ailleurs baptisé dans l’église de La Bouëxière, le même jour. Ses parents, Julien Hurault et Marie Tresmont ont respectivement 27 et 39 ans, ils sont mariés depuis 1759 et ont déjà eu une fille, Marie Madeleine, née en juillet 1760. Mais, Pierre, à sa naissance, a aussi quatre frères utérins : Guillaume, Matthieu, Pierre et Jean Chauvelière, nés 8, 6, 4 et 3 ans auparavant. La famille quitte rapidement le hameau de naissance des enfants et de Marie : la Cueillerais pour rejoindre le hameau des Landes, toujours à La Bouëxière, où nait le petit frère de Pierre, Jean Julien en novembre 1766.

Pierre perd son père, en 1775, puis en 1778, il devient orphelin à l’âge de 15 ans, car sa mère, meurt aux Landes, à La Bouëxière, le 4 juillet 1778.

II. Le premier mariage de l’orphelin

On le retrouve que dix ans plus tard, en décembre 1788. Il vit maintenant à Noyal-sur-Vilaine, commune situé à une quinzaine de kilomètres au sud de son village des Landes. Il est âgé de 26 ans et publie ses bans afin de se marier avec Jeanne Boucherie, une jeune femme de 28 ans, originaire d’Izé qui vit à Dourdain. Pierre finit par épouser Jeanne, le 17 février 1789 à l’église de La Bouëxière, entouré de ses frères : Mathieu Chauvelière et Jean Hurault ainsi que de Jean Georget, un de ses cousins-germains.

A l’occasion de son mariage, on peut retrouver la signature de Pierre en bas de l’acte :

Signature de Pierre HURAULT – 1789 – La Bouëxière – AD35

Le couple de laboureurs s’installe à Dourdain, sur le hameau de la Provotais, mais n’aura à ma connaissance aucun enfant. Pierre assiste d’ailleurs en thermidor de l’an VI (soit en juillet 1798), au mariage de son frère aîné, Matthieu Chauvelière. Et à cette occasion, il signe aussi, contrairement aux autres membres de sa fratrie.

AD35 – Signature de Pierre HURAULT – 1798

Malheureusement, c’est au hameau de la Provotais, à Dourdain que meurt l’épouse Pierre, Jeanne Boucherie le 28 décembre 1816. Ainsi, il devient veuf à 54 ans après près de trente années de mariage.

III. Un second mariage pour le veuf

Un peu plus d’un an et demi après le décès de Jeanne, Pierre se remarie. En effet, Pierre Hurault est un veuf de 55 ans, demeurant toujours à la Provotais, lorsqu’il épouse, Anne Picard, une veuve de 51 ans à la mairie de Dourdain, le 16 avril 1818.

Le couple s’installe au bourg de La Bouëxière, mais là, encore, à ma connaissance, Pierre aura aucun enfant. Malheureusement, contrairement à son premier mariage qui a duré 27 ans, ce second mariage avec Anne ne durera que 8 années, puisque Pierre devient veuf pour la seconde fois, en mars 1827 à l’âge de 64 ans.

IV. Un troisième mariage pour un sexagénaire sans descendance

Pierre se remarie moins d’un an après le décès d’Anne, le 13 mai 1828 à la mairie de La Bouëxière avec une cultivatrice de 35 ans, Jeanne « Marie » Delahaye.

Rapidement, le couple de cultivateurs emménage dans le hameau natal de Pierre, qu’il a quitté soixante ans plus tôt : la Cueillerais. Malgré les trente années de différences entre les deux époux, cette fois-ci, Pierre va déclarer la naissance de trois filles à la mairie de La Bouëxière :

  • Jeanne Marie (1829-1903)
  • Perrine (1831-1869)
  • Constance (1832-1906)

Pierre n’aura malheureusement pas l’occasion de voir grandir sa descendance puisqu’il s’éteint dans son hameau natal de la Cueillerais, à La Bouëxière, le 30 janvier 1833. Il laisse ainsi ses trois filles âgées de six mois à trois ans ainsi qu’une épouse âgée de 40 ans, mais aussi son jeune frère aîné et voisin, Jean Hurault qui veillera donc sur tout cet entourage après le décès de Pierre.