Jean DELATOUCHE, mort il y a 235 ans – #généalogie – #2706

A l’occasion du premier salon virtuel de la généalogie, Geneatech, a proposé de lancer un défi. Ce défi est simple : raconter un événement d’un ancêtre s’étant déroulé un 27 juin en 100 mots. J’ai donc accepté de me relevé ce défi et choisi mon ancêtre. Le choix a été simple, seulement deux ancêtres ont un événement un 27 juin : Jean Delatouche et Anne Hue. J’ai choisi de prendre l’événement le plus récent, c’est pourquoi j’ai choisi le décès de Jean Delatouche. J’ai donc écrit 100 mots décrivant le décès de Jean, mon sosa 634. Le nombre de 100 mots me convient parfaitement puisqu’il s’agit de mon centième article !


« Jean » François Delatouche décède le 27 juin 1787 dans le petit hameau de Mousson, sur la paroisse de Pleudihen, dans les Côtes d’Armor. D’après son acte de sépulture, établi le lendemain, par le curé Marie, Jean est enterré dans le cimetière devant Charles Besiel et Olivier Hinel. Il a eu au moins trois enfants avec Guillemette Urfian, son épouse depuis 1751. C’est l’un de mes rares ancêtres, ayant vécu à Pleudihen. En effet, il y est né, 73 ans plus tôt en février 1714, chez ses parents, Jacques Delatouche et Françoise Letrillart alors située dans le même village de Mousson.


DELATOUCHE Jean 1787
Acte de sépulture de Jean de la Touche – Registres paroissiaux – Pleudihen – 1785-1788 – vue 147 – AD22
Mousson - Pleudihen
Carte de l’Etat-Major – 1820-1866 – via Géoportail — On remarque que le village de Mousson, où à vécu Jean, se situe exactement sur la limite Côtes du Nord – Ille-et-Vilaine —

 

Anne HAREL, jamais décédée ?

Anne Perrine Harel est une enfant naturelle, née de père inconnu et d’une cultivatrice de 31 ans, le 27 janvier 1829 dans la commune de Laillé, en Ille-et-Vilaine. Sa naissance est déclarée le lendemain à la mairie de la commune de 1700 habitants, par Françoise Rouaux, sage-femme de 65 ans qui a aidé la mère d’Anne, Perrine Harel à accoucher la veille.

Anne connaîtra seulement que très peu des deux grands-parents, Pierre Harel et Louise Blandin qui meurent tous les deux en 1830 alors qu’elle n’a seulement un an.

Lors du recensement de 1836, Anne et Perrine vivent ensemble, toujours à Laillé. Mais malheureusement, Perrine meurt au Huaume, le 25 mai 1837 à l’âge de 40 ans, elle laisse donc la petite Anne qui devient donc orpheline à l’âge de 8 ans.

On la retrouve, elle jeune orpheline de 12 ans, lors du recensement de 1841 à Pont-Réan, petit bourg partagé entre Bruz, Goven et Guichen, en tant que domestique pour le cabaretier, Jean-Marie Yvon, sa femme, Perrine Chouinard, le petit Jean-Marie Brochard et la tailleuse, Henriette Dautry. Elle restera longtemps dans ce ménage à Pont-Réan car on la retrouve encore en 1846, chez Perrine Chouinard, l’aubergiste devenue veuve, avec les enfants de cette dernière, François et Anne-Marie Yvon ainsi que Jean-Marie Brochard et  Henriette et François Dautry.

Lors du recensement de 1851, elle n’est plus à Pont-Réan, mais en 1856, on la retrouve à Bruz, seule en tant que journalière.

BRUZ eglise
Ancienne église de Bruz – détruite en mai 1944 – Wiki-Rennes

Anne vit à la Fonderie, petit hameau de Bruz (35), lorsqu’elle épouse, à l’âge de 28 ans, le 5 novembre 1857, Simon Bertier, jeune mineur de 26 ans. Ils se sont sans doute rencontré sur leur lieu de travail : la mine de plomb de Pont-Péan, où Anne est devenue journalière. Aucun des époux n’a signé l’acte de mariage à la mairie de Bruz, car ils sont tous les deux, seulement peu instruits.

Mine Pont-Réan
Mine de Pont-Réan – Musée de Bretagne – Donias A.

Le couple s’installe à la Fonderie, à Bruz où Anne va donner naissance à trois enfants :

  • Louis (1859-1940), en juin 1859
  • Jeanne « Marie » Clémentine, en octobre 1860
  • Joséphine Angélique, en octobre 1862

Lors du recensement de 1866, la famille vit ensemble à la Fonderie mais en 1871, Anne vit avec ses deux filles de 11 et 10 ans à Bruz. Elle est toujours journalière, mais son époux, Simon, lui est absent. En 1876, Anne vit cette fois au hameau de la Gressardière, à Bruz, mais son mari, lui est toujours absent et ça sera également le cas les recensements suivants. Son époux, Simon meurt le 8 décembre 1886, à l’hôpital de Bain-de-Bretagne, il est est alors terrassier, sans domicile fixe. Anne devient donc veuve, mais, on comprends bien que son mari n’était pas très présent dans sa vie.

Anne déménage pour le hameau de la Croix Blanche, toujours à Bruz, où on la retrouve lors du recensement de 1891, elle a alors 62 ans.


Sa seconde fille, Joséphine Angélique, ouvrière à la mine, elle aussi, se marie pour la seconde fois, à Bruz, le 24 octobre 1903 avec Jean Godet. Anne n’assiste pas à la noce, en effet, l’Officier d’Etat-Civil indique qu’elle est décédée à Bruz, le 10 janvier 1894. Seul hic, personne n’est décédé ce jour là, à Bruz !

Alors, je me demande maintenant si Anne est bien décédée ce jour là….. D’après les registres en ligne, elle n’est pas décédée à Bruz entre 1891 et 1903 alors que pourtant elle était bien vivante en 1891 et décédée en 1903. Alors, quand et où est-elle décédée ? Ca reste pour moi un mystère ! J’ai tout de même vérifié sur les communes de Saint-Erblon (pour la mine de Pont-Péan), Goven et Guichen, mais elle n’y est pas décédée en 1894 non plus… Elle n’est pas non plus présente dans les tables de successions de Rennes entre 1891 et 1903.

Voici donc un mystère généalogique qui concerne cette femme, devenue orpheline à 8 ans, partie dans le village voisin puis devenue ouvrière à la mine, que je n’ai toujours pas résolu.

Jules, petit Parisien devenu bretillien

Jules naît dans le douzième arrondissement de Paris, le 2 octobre 1881 à deux heures du matin à l’hôpital Saint-Antoine, situé rue des Citeaux. Sa mère se nomme Antoinette Vassal, elle a 25 ans et elle est séparé depuis deux ans et a déjà eu deux enfants âgés de 7 et 2 ans – on retrouve sa vie parisienne ici -. Elle vit à Paris au numéro 234 de la rue de Charenton dans le même 12e arrondissement. Le surlendemain, le 4 octobre, Apolline Batilly, sage-femme de 33 ans qui a assisté à l’accouchement, Jean Marie Bois, modeleur de 62 ans, de l’avenue d’Italie et Jean Pierre Eyssautier contre-maître de 51 ans, de  Walincourt (Nord) vont déclarer la naissance du petit Jules Armand à la mairie.

Jules quitte rapidement Paris, pourquoi, je ne sais pas vraiment…, on le retrouve en 1901 pour le service militaire. Mais, il est réformé, je n’ai donc pas beaucoup d’informations sur lui, mis-à-part qu’il vivrait dans le canton de Hédé, en Ille-et-Vilaine.

En 1921, il a déjà 40 ans et vit au lieu-dit de la Turaudière à Pacé lorsqu’il se marie. Il épouse en novembre 1921 à La Chapelle-des-Fougeretz, Armandine Bourdois, une domestique de 32 ans. Le couple s’installe dans le village natale d’Armandine, le Breil à Parthenay-de-Bretagne. Ils ont trois enfants : un fils, né en 1922 et deux filles, nées en 1928 et 1930.

Lors du recensement de 1926, Jules travaille en tant qu’ouvrier agricole chez François Besnard. Il vit au Breil avec sa femme, son fils et un nourrisson de deux ans : Joseph Rob, né en juin 1924 à Rennes.

Au recensement suivant, en 1931, il est domestique agricole pour Monsieur Briand. Jules vit avec sa femmes et ses trois enfants mais aussi avec sa belle-mère, Joséphine Rouault. Joseph Rob (1924-1989) est toujours en nourrice chez lui, mais cette fois-ci avec sa petite soeur, Gilberte, née en 1927 à Rennes.

En 1936, Jules et sa femme vivent toujours au Breil. Leurs deux petites filles ainsi que Joséphine, sa belle-mère vivent aussi avec eux. Plus aucun enfant n’est placé en nourrice chez eux.

En 1937, Jules a 56 ans lorsqu’il fait une chute grave, en effet, alors qu’il se rendait à Rennes en bicyclette, il est tombé violemment sur la route. L’Ouest-Eclair du 2 juillet 1937 relate les faits :

 » PARTHENAY-DE-BRETAGNE — UN CYCLISTE FAIT UNE CHUTE GRAVE

M. Vassal Jules âgé de 56 ans, cultivateur au Breuil, en Parthenay-de-Bretagne , se rendait à bicyclette à la Saint-Pierre de Rennes. Après avoir effectué un kilomètre environ, M. Vassal tomba violemment sur la route; il se releva néanmoins par ses propres moyens, mais ressentit une vive douleur au bras gauche. Il dut rentrer à son domicile et fut visité par M. Gillet, docteur à l’Hermitage , qui diagnostiqua une fracture du bras gauche et ordonna d’urgence son transport à l’Hôtel-Dieu à Rennes. Nous souhaitons à M. Vassal, père de deux enfants en bas âge, un prompt rétablissement. « 

Après cet accident, je ne retrouve aucune trace de Jules, je sais seulement qu’il décède avant 1952.


J’aimerais bien savoir ce qu’est devenu Jules entre sa naissance et son mariage, et surtout pourquoi est-il parti en Ille-et-Vilaine. Il faudrait que je retrouve Jules sur les recensement de 1891 à 1921.


On est le 31 mai 2020, j’avais écrit mon article sur Jules, cet AAGP né à Paris, mais une intuition m’est venue en tête ! J’ai déjà rencontré des « enfants assistés de la Seine » dans les recensements qui étaient accueillis chez mes ancêtres, alors, peut-être que Jules en faisait partie ? C’était une simple hypothèse.

Pour vérifier mon hypothèse, sachant que les Archives de Paris avait mis en ligne de nombreuses archives, je cherche à savoir comment retrouvé un « enfant assisté ». Grâce à l’excellent article d’Élise Lenoble, j’apprends qu’il y a en fait 6 catégories et que, si on n’a pas de date d’admission, il faut rechercher dans tous les registres entre les 0 à 12 ans de l’enfant. Ça faisait quand même environ 72 registres à éplucher ! Je ne me démotive pas et, je commence à rechercher Jules Armand Vassal dans les répertoires des enfants assistés. Comme il est né en 1881, je commence à éplucher le répertoire de 1880-81-82 pour les lettres V et W. Et quelle surprise, par chance, au bout de la sixième page seulement, je retrouve son nom parmi les enfants admis en mai 1882.

Repetoire enfants assistés - 1881 - vue 4
Archives de Paris – 1881 – Enfants assistés – vue 4 – D3X4 38

Grâce au répertoire, je peux retrouver le numéro matricule de Jules, c’est le 69286.


Malheureusement, à partir des ressources numérisées, il est impossible d’en savoir plus, pour ça, il faudrait se déplacer aux Archives de Paris dans le 19e arrondissement. J’irais peut-être un jour, mais je pense plus faire appel à de l’entraide généalogique.

D’après les inventaires son dossier d’admission serait enregistré sous la cote D4X4 52 avec tous les autres dossiers des enfants assistés admis entre janvier et juillet 1882. Mon AAGP a donc surement été abandonné par sa mère, Antoinette à l’âge de six mois puis ensuite, qu’il a été placé comme 2000 autres enfants en Ille-et-Vilaine. Je comprends donc mieux pourquoi il a quitté Paris, il a certainement passé son enfance placé dans des familles bretilliennes, pour retrouver ces familles, il faudrait regarder son dossier ou alors, le retrouver dans les recensements.