1832, le début d’une histoire – #Généathème de mars

Pour le mois de mars 2022, Geneatech propose d’évoquer l’année 1832, puisqu’il s’agirait de l’année de naissance du plus ancien animal encore vivant. Mon logiciel de généalogie, Heredis m’apprend que j’ai seulement cinq évènements relatifs à l’Etat-Civil de mes ancêtres pour cette année-là. Le choix n’a pas été simple, mais j’ai décidé d’évoquer l’histoire d’un couple qui s’est uni en 1832 : Joseph et Thérèse, mes ancêtres à la huitième génération (sosas 132 et 133), les derniers aveyronnais.


Nous sommes dans un petit village aveyronnais, situé dans la vallée du Lot qui a pour nom Le Nayrac. Le 20 février 1832, sous le règne de Louis-Philippe, à la mairie de cette charmante commune 1100 âmes, Joseph VASSAL, un cultivateur de 31 ans originaire du hameau de Gimalac épouse une cultivatrice de 27 ans, Élisabeth TURLAN, originaire du hameau de Corbières Bas. Chacun a déjà perdu un de ses parents, c’est pourquoi seulement Christine BES, la mère de Joseph et Pierre-Jean TURLAN sont présents au mariage. Parmi les témoins, on retrouve Antoine BOUSQUET, un chirurgien d’Estaing (12) ainsi que deux cultivateurs du Nayrac : Fleuret ALAUT et Guillaume GARIGUET. Ces trois témoins sont les seuls, avec le maire qui signent l’acte de mariage des époux Vassal.

Neuf mois après leur mariage, on retrouve une trace du couple dans le registre de la commune du Nayrac, puisque la nouvelle épouse de Joseph VASSAL, Elisabeth TURLAN – appelée dans ce nouvel acte par son prénom usuel, Thérèse- a donné naissance a un enfant, le 9 novembre 1832 au village de Gimalac, au Nayrac. Cet enfant est un garçon qui est déclaré le lendemain matin sous le prénom de Pierre-Jean; il s’agit de mon ancêtre à la septième génération (mon sosa 66).

Cadastre – Le Nayrac – 1832 – Section F – Village de Gimalac – Archives dep. de l’Aveyron – 3 P 172-1

Une fois le petit Pierre-Jean né, le couple change de demeure et rejoint le village de Corbières-Bas, plus proche du bourg du Nayrac. C’est là où naissent les cinq autres enfants de Joseph et Thérèse :

  • Jean VASSAL, en janvier 1836
  • Fleuret VASSAL, en juillet 1839
  • Suzanne VASSAL, en décembre 1843
  • Jean-Baptiste VASSAL, en mars 1846
  • Calixte VASSAL, en septembre 1848

L’année 1832 était donc le début de l’histoire d’une famille fondée par Thérèse Turlan et Joseph Vassal, deux cultivateurs d’un village aveyronnais nés sous le Consulat pour Joseph et sous l’Empire pour Thérèse. Ils ont eu ces six enfants jusqu’en 1848 dans leur village natal, mais la famille Vassal représente pour moi, les paysans des régions françaises qui ont décidé de monter à Paris. En effet, je retrouve mon ancêtre, Pierre-Jean, l’aîné de la fratrie en juin 1855 lors de son mariage avec une autre aveyronnaise à l’église Notre-Dame de Lorette, dans l’actuel neuvième arrondissement. Il est alors un charbonnier de la rue de la Réforme, à Montmartre.

Église Notre-Dame-de-Lorette – Wikipedia – Pline – (CC-BY-SA 3.0)

Lors du second mariage de leur fils aîné, en 1863, toujours à Paris, Joseph et Thérèse vivent encore au Nayrac, tandis que certains de leurs fils sont en région parisienne : Pierre-Jean est journalier au Faubourg Poissonnière à Paris et Jean est garçon de recettes à Vincennes. Un autre de leurs fils, Fleuret devenu marchand de quatre saisons à Paris, avenue de la Grande Armée se marie en 1868 dans le dix-septième arrondissement de Paris. Cependant, Joseph et Thérèse sont toujours domiciliés au Nayrac et consentent encore une fois au mariage par acte notarié.

Thérèse et Joseph perdent leur fils aîné, Pierre-Jean, en janvier 1871 en plein siège de Paris. Ont-ils fait le déplacement depuis leur Aveyron natal pour se rendre aux obsèques de leur fils ? Je n’aurais certainement jamais de réponse, mais je pense qu’ils n’ont pas eu l’occasion de faire le voyage car les accords de cessez-le-feu avec la Prusse ont été signés seulement dix jours après le décès de leur fils.

Je peux cependant affirmer que tous les fils du couple ne sont pas partis vivre à Paris. En effet, si Pierre-Jean, Fleuret et Jean se sont mariés à Paris, le quatrième fils, Jean-Baptiste se marie lui, à Florentin-la-Capelle, en Aveyron, en novembre 1871.

Joseph s’éteint un peu plus d’un an après ce mariage, à l’âge 72 ans dans le village de Corbières-Bas au Nayrac, le 11 avril 1873 laissant Thérèse veuve après quarante-et-un ans de mariage. Je retrouve Thérèse en région parisienne peu de temps après le décès de son époux, en août 1874 lors du mariage de son dernier fils, Calixte, devenu marchand de charbon. Elle est désignée comme charbonnière et vivait au 68 Grande Rue, à Saint-Mandé (94). Je me pose tout un tas de question : est-ce le décès de son mari qui l’a poussé à regagner la région parisienne ? Est-ce seulement un passage furtif à l’occasion du mariage de Calixte ? Est-ce la première fois que Thérèse se rendait à Paris ? Je n’aurais probablement jamais de réponse à toutes ces interrogations malheureusement.

Archives départementales du Val-de-Marne – 2FI/Saint-Mandé 153

Elle ne restera pas longtemps en banlieue parisienne en tout cas, puisqu’elle vit chez son fils, à Corbières-Bas lors du recensement de 1876 entourée de son fils, sa bru et ses deux petits-enfants.

Malheureusement, Thérèse va perdre un deuxième fils, Calixte en janvier 1881, avant qu’elle s’éteigne elle-même cette même année, dans son hameau natal des Corbières-Bas au Nayrac, le 12 mars 1881 à l’âge de 76 ans.

Cadastre – Le Nayrac – 1832 – Section G1 – Village de Courbières-Bas – Archives dep. de l’Aveyron – 3 P 172-1 21

Joseph et Thérèse sont donc deux cultivateurs qui se sont unis en 1832, ils ont été les parents de jeunes hommes qui ont choisis de faire leur vie à la capitale comme beaucoup d’autres à l’époque. Concernant leur fille, Suzanne, je ne sais pas encore ce qu’elle est devenue.

La maison de Courbières-Bas héritée du père de Thérèse, est tout de même resté dans la famille jusqu’en 1966, dans la descendance du seul fils resté au Nayrac, Jean-Baptiste. Quant aux autres enfants :

  • Pierre-Jean a eu une fille, Antoinette qui lui a donné une descendance à la fois en Côte d’Or, en Ille-et-Vilaine, dans le Cantal et en région parisienne, par le biais de ses enfants légitimes et ses enfants abandonnés.
  • Jean et son épouse, Henriette Regord ont eu une fille parisienne, Henriette Vassal qui a eu trois enfants nés de père inconnu qui ont vécu à Paris.
  • Fleuret a eu trois enfants à Paris avec son épouse, Catherine Delbouis mais ils sont tous décédés en bas âge
  • Calixte a eu trois enfants à Paris, dont la descendance s’est ensuite installée à Aubervilliers.

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